On a confronté 5 croyances sur le GEO à notre réalité d’agence e-commerce

La scène revient presque chaque semaine. On est en call avec un client e-commerce, on parle SEO, performance, roadmap du trimestre. Et puis quelqu’un lâche le mot “GEO”. Ce qui suit, c’est soit un silence gêné, soit une avalanche d’affirmations très tranchées.

“C’est pas pour nous.” “C’est le futur, il faut tout changer.” “On a vu un outil qui tracke tout.”

Le GEO, ou Generative Engine Optimization, c’est l’ensemble des pratiques qui visent à rendre une marque visible dans les réponses des moteurs IA : ChatGPT, Perplexity, Gemini, et désormais les AI Overviews de Google. En tant qu’agence GEO, on accompagne des sites e-commerce sur ce sujet au quotidien. Et on entend beaucoup de choses. Certaines sont justes. D’autres, pas du tout.

Voici 5 croyances qu’on rencontre en rendez-vous, et ce qu’on en pense vraiment. Y compris quand la réponse honnête, c’est “on ne sait pas encore”.

  • Le GEO concerne le e-commerce. Les IA recommandent déjà des produits et des marques. Si vos clients se renseignent avant d’acheter, vous êtes concerné.
  • Ce n’est pas une mode, c’est un usage. Le terme passera peut-être, le comportement restera.
  • Être premier sur Google ne suffit pas. Les moteurs IA ont leurs propres critères de sélection. Position SEO et citation IA sont deux choses différentes.
  • Le tracking des citations IA n’est pas fiable aujourd’hui. Ne basez pas vos décisions sur des outils qui ne tiennent pas encore leurs promesses.
  • Le SEO n’est pas mort. Le GEO le complète, il ne le remplace pas. Chez nos clients, l’IA pèse moins de 1% du CA. Le SEO reste le pilier.
  • La meilleure stratégie GEO ressemble à une bonne stratégie SEO : contenu expert, autorité de marque, présence sur les sources tierces, données structurées.
Tableau blanc dans une salle de réunion avec des post-its organisés en 5 groupes, 3 barrés en rouge et 2 validés en jaune, illustrant les croyances sur le GEO en e-commerce

On comprend d’où ça vient. Les premiers articles sur le GEO parlaient de visibilité de marque, de thought leadership, de requêtes informationnelles longues. Le genre de sujets qui parle plus à un éditeur de logiciel qu’à un marchand de chaussures.

Sauf que les moteurs IA ne se contentent plus de répondre à “qu’est-ce que le machine learning”. Ils répondent aussi à “quel est le meilleur matelas pour le mal de dos”, “quelle crème solaire pour un bébé de 6 mois” ou “comparatif robots pâtissiers 2025”. Ce sont des requêtes d’achat. Et les IA y répondent en citant des marques, des produits, des sites marchands.

Si vous vendez en ligne et que vos clients se posent des questions avant d’acheter (spoiler : ils le font tous), alors les IA sont déjà dans votre parcours d’achat. La question n’est pas de savoir si le GEO concerne le e-commerce. C’est de savoir si c’est votre site qui sera cité, ou celui de votre concurrent.

Notre avis : cette croyance est fausse. Le GEO concerne tous les secteurs où il existe une phase de recherche avant l’achat. Le e-commerce est en première ligne.

La lassitude est légitime. On a eu le metaverse. Le Web3. Le vocal search qui allait “tout révolutionner”. À chaque fois, des budgets investis pour des résultats fantômes.

Ce qui est différent cette fois, c’est que l’usage existe déjà. ChatGPT compte des centaines de millions d’utilisateurs. Google intègre l’IA directement dans ses résultats de recherche. On n’est pas face à une technologie en attente d’adoption. On est face à une technologie que les gens utilisent déjà pour chercher quoi acheter, où manger, quel prestataire choisir.

Est-ce que le mot “GEO” existera encore dans deux ans ? Honnêtement, peut-être pas. Mais les comportements de recherche via les IA, eux, ne vont pas disparaître. Peu importe le nom qu’on donnera à cette discipline, vos clients poseront des questions à des IA. Et ces IA citeront certaines marques. L’enjeu, c’est d’en faire partie.

Notre avis : le buzzword passera peut-être. Le comportement utilisateur, non. Ignorer le sujet sous prétexte que le terme est récent, c’est prendre un risque réel.

C’est probablement la croyance la plus dangereuse, parce qu’elle est rassurante. On a bien travaillé le SEO, on est bien positionné, donc logiquement les IA vont piocher chez nous en priorité. Ça semble tenir debout.

Sauf que les moteurs IA ne reprennent pas le classement Google. Ils synthétisent des sources selon leurs propres critères. Un site premier sur Google pour “chaussures de trail” peut être totalement absent des réponses de ChatGPT sur la même requête. On l’a constaté chez certains de nos clients : des positions SEO excellentes, mais zéro citation dans les réponses IA.

Ce qui compte pour les IA, c’est un ensemble de signaux différents : la réputation de votre marque en dehors de votre propre site (avis clients, mentions presse, forums, comparateurs), la richesse de votre contenu expert, les données structurées, et parfois simplement la façon dont votre contenu est rédigé. Un texte pensé pour optimiser le SEO pour ChatGPT ne se construit pas exactement comme un texte pensé pour Google.

Notre avis : cette croyance est fausse. Le SEO classique est une base solide, mais il ne garantit rien côté IA. Ce sont deux jeux avec des règles différentes.

Le réflexe est sain. Avant d’investir dans un canal, on veut pouvoir mesurer. C’est la base du e-commerce : pas de data, pas de décision. On entend régulièrement des directeurs e-commerce nous dire qu’ils ont repéré un outil de tracking des citations IA et qu’ils veulent s’équiper avant de lancer quoi que ce soit.

On va être directs : les outils qui existent aujourd’hui ne sont pas fiables. Les réponses des IA varient selon le prompt, le contexte, la session, parfois même l’heure de la journée. Vous pouvez lancer la même question sur ChatGPT deux fois de suite et obtenir des marques différentes en réponse. Aucun outil ne vous donnera une vision stable et actionnable de votre “part de voix IA”.

On ne vous recommandera pas d’investir dans des outils qu’on ne s’achète pas nous-mêmes. On préfère être honnêtes plutôt que de vous laisser croire que le problème de la mesure est résolu. Il ne l’est pas.

Ce qu’on fait à la place : on travaille sur les leviers qu’on maîtrise. Qualité du contenu, autorité de marque, présence sur les sources tierces que les IA utilisent comme références. Et on observe les évolutions de près. Le jour où un outil de mesure fiable existera, on sera les premiers à le recommander.

Notre avis : cette croyance est vraie dans l’intention, mais fausse dans l’exécution. Aujourd’hui, le tracking des citations IA n’est pas assez mature pour baser des décisions dessus.

On finit par la croyance inverse. Après le déni, la panique. Certains clients arrivent en rendez-vous convaincus que Google est fini, que le SEO ne sert plus à rien, et qu’il faut basculer tout le budget sur le GEO immédiatement.

Reprenons notre calme avec un chiffre concret. Chez l’un de nos clients e-commerce, le trafic provenant des moteurs IA représente 0.6% du chiffre d’affaires. Zéro virgule six pour cent. Le SEO classique reste, de très loin, le premier levier d’acquisition organique.

Abandonner ce qui fonctionne pour courir après ce qui n’est pas encore mesurable, c’est le meilleur moyen de perdre sur les deux tableaux. D’autant que la plupart des actions GEO pertinentes (contenu expert, données structurées, travail de l’autorité de marque) servent aussi le SEO. Les deux ne s’opposent pas. Ils se complètent.

Ce qui change, c’est qu’il faut commencer à penser les deux en parallèle. Quand on rédige une fiche produit ou un guide d’achat, on peut se demander : est-ce que ce contenu est assez riche et structuré pour qu’une IA puisse le comprendre, le synthétiser et le citer ? L’émergence de fonctionnalités comme ChatGPT Shopping montre que les IA entrent progressivement dans le tunnel d’achat. Mais progressivement, c’est le mot clé.

Notre avis : cette croyance est un excès inverse. Le SEO n’est pas mort. Le GEO ne le remplace pas. Il faut intégrer le second sans sacrifier le premier.

Sur ces 5 croyances, notre décompte est simple : 3 sont fausses, 1 est prématurée, et 1 est un excès de panique.

Ce qu’on ne fait pas : vendre le GEO comme une prestation miracle avec des KPI garantis. Personne ne peut honnêtement promettre ça aujourd’hui.

Ce qu’on fait : intégrer la réflexion GEO dans la stratégie SEO globale de nos clients e-commerce. Travailler l’autorité de marque. Enrichir les contenus pour qu’ils répondent aux critères des moteurs IA. Renforcer la présence sur les sources tierces. Comprendre comment fonctionne le référencement ChatGPT et adapter les pratiques en conséquence.

Le GEO est un sujet réel, mais jeune, mouvant, et encore flou par endroits. On préfère vous dire ça plutôt que de vous vendre des certitudes qu’on n’a pas. Et si vous voulez en discuter sans bullshit, on est là.

Consultant SEO

J’aide les e-commerçants à améliorer leur visibilité grâce à des stratégies SEO durables : audit, contenu et netlinking. Mon objectif est simple : transformer le trafic en résultats concrets pour votre business.

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