Comment mesurer les KPI GEO quand les outils n’existent pas encore ?

Vous voulez savoir si vos pages apparaissent dans les réponses de ChatGPT, Perplexity ou Gemini ? Bienvenue au club.

En SEO classique, on a Google Search Console, Analytics, des données de trafic et de conversions. On sait mesurer la visibilité, suivre les requêtes, calculer un score de performance. Les KPIs sont clairs, les outils rodés.

En GEO, c’est le désert.

Pas de Search Console pour les LLM. Pas de données fiables sur les requêtes. Aucun outil qui vous dit si vos contenus sont cités ou ignorés. L’optimisation pour les moteurs IA, tout le monde en parle. La mesure de performance GEO ? Personne n’a de méthode solide.

En tant qu’agence GEO, on nous pose la question chaque semaine. Alors on a fait ce qu’on sait faire : tester, documenter, itérer. En tant qu’agence SEO qui utilise l’IA au quotidien, on a construit notre propre approche des KPIs GEO. Imparfaite, mais actionnable.

Dans cet article, on vous partage les KPIs qu’on suit vraiment, ceux qu’on aimerait suivre mais qui n’existent pas, et ce qu’on fait en attendant que le web rattrape son retard.

  • Les KPIs GEO ne sont pas encore standardisés, ce qui signifie qu’on mesure ce qu’on peut plutôt que ce qu’on voudrait idéalement suivre.
  • Trois niveaux de mesure existent aujourd’hui : la présence pour savoir si vous êtes cité, la qualité pour vérifier si vous êtes bien cité, et l’impact pour déterminer si ça génère du trafic ou des conversions.
  • Google Analytics et Search Console ne suffisent plus à eux seuls, il faut les croiser avec des vérifications manuelles et des requêtes directes aux LLM pour avoir une vision complète.
  • Les outils tiers spécialisés GEO sont encore immatures, donc mieux vaut rester prudent avant d’investir dans des dashboards qui promettent des résultats miracles.
  • Commencer à mesurer maintenant, même de façon imparfaite, c’est prendre de l’avance car les données historiques que vous accumulez auront une vraie valeur quand le marché sera mature.
Les KPI à suivre quand on fait du GEO

En SEO, on sait ce qu’on mesure. Impressions, clics, positions moyennes, taux de clic, pages vues, conversions. Google Search Console et Analytics donnent une vision claire de la visibilité organique. On peut suivre l’évolution d’une requête, identifier les pages qui performent, calculer un ROI.

Ces métriques reposent sur un principe simple : Google vous dit (en partie) ce qui se passe. Vous avez accès aux requêtes qui déclenchent l’affichage de vos pages. Vous voyez combien de fois vous apparaissez, combien de fois on clique. C’est imparfait, mais c’est exploitable.

En GEO, ce principe s’effondre.

ChatGPT, Perplexity, Gemini ne vous donnent rien. Pas de console. Pas de rapport. Pas de données sur les requêtes des utilisateurs. Vous ne savez pas si vos contenus sont lus par les LLM, cités dans les réponses, ou complètement ignorés.

Pire : même quand un moteur IA cite votre site, vous ne le voyez pas forcément dans vos analytics. Une partie du trafic arrive sans referrer identifiable. C’est le dark traffic version IA.

Le problème n’est pas technique. Il est structurel. Les moteurs de recherche traditionnels ont un modèle publicitaire qui repose sur la transparence partielle : ils vous montrent assez de données pour que vous optimisiez, et donc que vous restiez dans leur écosystème. Les LLM n’ont pas (encore) ce modèle. Ils n’ont aucune raison de vous donner accès à quoi que ce soit.

Résultat : on se retrouve à piloter une stratégie GEO avec des indicateurs qui n’existent pas. C’est comme mesurer la performance d’une campagne TV sans audimat.

On ne va pas se mentir : le suivi de la performance GEO en est à ses balbutiements. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien mesurer. Certains indicateurs existent, à condition d’accepter leurs limites.

C’est le KPI le plus basique, et probablement le plus utile à ce stade. Est-ce que votre marque ou votre site apparaît dans les réponses des LLM ?

La méthode est artisanale : vous prenez vos requêtes cibles, vous les posez à ChatGPT, Perplexity, Gemini, et vous notez ce qui sort. Cité avec lien ? Cité sans lien ? Mentionné de manière vague ? Absent ?

C’est du travail manuel, mais ça donne une photographie de votre visibilité IA à un instant T.

Limites et fiabilité : moyenne. Les réponses varient selon la formulation du prompt, le moment, parfois la session. Un même site peut être cité le matin et absent l’après-midi. Ce n’est pas une science exacte, c’est une tendance.

Si un utilisateur clique sur un lien dans une réponse Perplexity ou Bing Copilot, vous pouvez parfois voir ce trafic dans Google Analytics. Cherchez les sources de type “perplexity.ai”, “chat.openai.com” ou “bing.com/chat” dans vos rapports d’acquisition.

Quand c’est trackable, c’est une donnée concrète : des vrais utilisateurs, un vrai comportement sur votre site.

Limites et fiabilité : faible à moyenne. Tout n’est pas attribué. Une partie du trafic arrive en “direct” ou sans referrer. Vous voyez la partie émergée de l’iceberg, pas l’iceberg entier. Et pour ChatGPT, les clics sur les liens ne remontent quasiment jamais.

Au-delà du “cité ou pas”, on peut affiner : où êtes-vous cité dans la réponse ?

Premier lien mentionné ? Deuxième ? Cité en passant à la fin ? La position compte, comme en SEO. Un site cité en premier sur une requête stratégique, c’est un signal fort. Cité en cinquième après quatre concurrents, c’est moins impactant.

On peut construire un score maison : tester 20 requêtes, noter la position à chaque fois, calculer une moyenne. Ça donne un indicateur de progression dans le temps.

Limites et fiabilité : faible. Il n’existe aucun standard. Chaque entreprise invente sa propre grille. Et la variabilité des réponses IA rend les comparaisons fragiles. C’est utile pour détecter des tendances lourdes, pas pour piloter au jour le jour.

Soyons honnêtes : si on pouvait mesurer la GEO comme on mesure le SEO, ce serait déjà fait. Voici ce qui nous manque cruellement.

En SEO, vous savez combien de fois votre page est apparue dans les résultats Google. En GEO, vous n’avez aucune idée du nombre de fois où un LLM a “pensé” à vous citer, vous a effectivement cité, ou vous a ignoré.

On voudrait savoir : sur 1000 requêtes liées à notre thématique, combien de fois notre marque est mentionnée ?

C’est la base pour calculer un taux de visibilité, une part de voix, un potentiel de progression. Sans ce chiffre, on navigue à l’aveugle.

Quand Perplexity cite votre site avec un lien, combien d’utilisateurs cliquent ? 5% ? 50% ? On n’en sait rien.

Ce KPI permettrait de comprendre si être cité suffit, ou s’il faut être cité d’une certaine manière (premier lien, avec contexte valorisant, etc.). Ça aiderait aussi à arbitrer entre “être mentionné sans lien” et “être cité avec lien en fin de réponse”.

C’est le nerf de la guerre pour les e-commerçants. Un utilisateur découvre votre marque via ChatGPT, revient plus tard en tapant votre nom dans Google, et achète. Qui prend le crédit ? Google. Qui a fait le travail de découverte ? L’IA.

Sans attribution fiable, impossible de calculer un vrai ROI de la GEO. On investit du temps et des ressources sur un canal dont on ne peut pas prouver l’impact business.

En SEO, des outils comme Semrush ou Sistrix calculent votre visibilité relative par rapport à vos concurrents sur un ensemble de mots-clés. En GEO, ce benchmark n’existe pas.

On aimerait savoir : sur les 50 requêtes stratégiques de mon marché, je suis cité 15 fois, mon concurrent principal 32 fois. Ça donnerait une direction claire.

Deux raisons principales :

  1. Les LLM ne sont pas conçus pour ça. Ce ne sont pas des moteurs de recherche avec un modèle publicitaire. Ils n’ont pas d’incentive à partager des données d’usage avec les créateurs de contenu.
  2. La nature même des réponses IA. Une réponse LLM n’est pas un ranking de 10 liens bleus. C’est un texte généré, différent à chaque fois. Mesurer une “position” dans quelque chose qui n’a pas de structure fixe, c’est un casse-tête méthodologique.

Le marché commence à réagir. Des outils dédiés au tracking GEO apparaissent, avec des promesses alléchantes.
On a regardé ce qui existe, et on vous dit ce qu’on en pense.

Otterly se positionne comme un outil de “AI Search Monitoring”. Le principe : vous entrez vos requêtes cibles, l’outil interroge régulièrement les LLM (ChatGPT, Perplexity, Google AI Overviews) et vous dit si vous êtes cité.

Points forts : Interface claire, tracking automatisé sur plusieurs moteurs IA, historique des citations pour voir l’évolution.

Limites : Les données restent dépendantes de la variabilité des réponses IA. Deux requêtes identiques peuvent donner des résultats différents. L’outil mesure des échantillons, pas une réalité exhaustive..

Peec AI propose une approche similaire avec un focus sur le “Share of Voice” dans les réponses IA. L’outil calcule un score de visibilité relative par rapport à vos concurrents.

Points forts : La dimension comparative est intéressante. Savoir que vous êtes cité 2 fois moins que votre concurrent sur vos requêtes stratégiques, c’est actionnable.

Limites : La méthodologie de calcul du score reste une boîte noire. Et comme pour tous ces outils, on mesure un proxy, pas la réalité complète.

HubSpot a lancé un outil gratuit pour analyser votre présence dans les réponses IA. Depuis, c’est devenu Profound, un produit standalone plus complet.

Points forts : Gratuit pour commencer, adossé à une marque connue, rapports visuels faciles à partager en interne.

Limites : Moins de profondeur que les outils spécialisés. Utile pour une première prise de conscience, moins pour un suivi régulier.

On les teste chez 410 Gone. Notre verdict actuel : utiles pour détecter des tendances, insuffisants pour piloter.

Ces outils répondent à un vrai besoin. Ils permettent de sortir du bricolage manuel et d’avoir une vue d’ensemble. Mais ils héritent tous de la même limite fondamentale : ils mesurent ce qu’ils peuvent, pas ce qu’on voudrait.

Pour un e-commerçant, notre recommandation : testez un outil en version gratuite ou essai, voyez si les insights vous parlent, mais ne basez pas votre stratégie uniquement sur ces métriques. Complétez avec du qualitatif et du bon sens.

Mesurer c’est bien, agir c’est mieux. Voici notre approche pragmatique pour avancer sur la GEO sans attendre des KPIs parfaits.

On voit des e-commerçants qui veulent d’abord mesurer leur présence IA avant de faire quoi que ce soit. C’est mettre la charrue avant les bœufs.

Notre conseil : commencez par optimiser vos contenus pour les LLM. Les bonnes pratiques sont connues : structuration claire, réponses directes aux questions, données factuelles sourcées, expertise démontrée. Si vous voulez creuser le sujet, on a détaillé comment optimiser son SEO pour ChatGPT.

Une fois que vos contenus sont optimisés, là oui, mettez en place un suivi pour voir si ça progresse.

Vous ne pouvez pas tracker toutes les requêtes possibles. Et vous n’en avez pas besoin.

Identifiez 20 à 30 requêtes stratégiques pour votre business. Celles où une mention IA pourrait déclencher une vente ou une prise de contact. Pour un e-commerçant, c’est souvent :

  • Les requêtes “meilleur + catégorie produit” (meilleur matelas, meilleure poussette…)
  • Les requêtes comparatives avec vos concurrents
  • Les requêtes problème/solution liées à vos produits

Testez manuellement ces requêtes une fois par mois dans ChatGPT et Perplexity. Notez vos observations. C’est artisanal, mais c’est fiable.

En l’absence de KPI unique fiable, multipliez les angles de vue :

  • Trafic referral depuis les IA (dans GA4)
  • Évolution des recherches de marque (dans Search Console)
  • Citations qualitatives (vos tests manuels)
  • Feedbacks clients (“comment nous avez-vous connu ?”)

Aucun de ces signaux n’est parfait. Mais leur convergence raconte une histoire. Si votre trafic referral IA augmente, que vos recherches de marque progressent, et que vous êtes de plus en plus cité dans vos tests manuels, vous êtes sur la bonne voie.

La GEO est un terrain d’expérimentation. Ce qui fonctionne aujourd’hui changera peut-être dans 6 mois.

Gardez une trace de vos observations, vos tests, vos hypothèses. Quand vous modifiez une page et que vous constatez un changement de citation IA, notez-le. Ces retours d’expérience valent de l’or.

D’ailleurs, si vous voulez gagner du temps sur vos analyses, vous pouvez automatiser son SEO avec Gemini pour certaines tâches répétitives.

On accompagne des e-commerçants sur leur SEO depuis des années. La GEO, on l’a intégrée à notre approche. Voici concrètement comment on travaille ce sujet avec nos clients.

Avant toute action, on fait un état des lieux. On prend les 30-50 requêtes les plus stratégiques du client et on les passe dans ChatGPT, Perplexity et Google AI Overviews.

Ce qu’on regarde :

  • La marque est-elle citée ? Avec quel contexte ?
  • Les concurrents sont-ils mieux positionnés ?
  • Quelles sources sont citées à la place ?

Cet audit manuel prend du temps, mais il donne une photographie fiable. On le refait tous les trimestres pour mesurer l’évolution.

On ne repart pas de zéro. La plupart des sites e-commerce ont déjà du contenu : fiches produits, guides d’achat, FAQ, articles de blog.

Notre travail : adapter ces contenus pour qu’ils soient plus “citables” par les LLM. Concrètement, ça veut dire :

  • Ajouter des réponses directes aux questions fréquentes
  • Structurer avec des données factuelles vérifiables
  • Renforcer les signaux d’expertise (auteur, sources, expérience produit)

On ne change pas votre stratégie éditoriale. On l’optimise pour un nouveau canal de découverte.

On combine plusieurs sources de données :

  • Tracking GA4 : trafic referral IA, comportement des visiteurs IA vs SEO classique
  • Tests manuels : échantillon de requêtes passées dans les LLM
  • Veille concurrentielle : qui gagne du terrain, qui en perd

On ne vous promet pas des dashboards avec 15 KPIs. On vous donne une vision claire de votre progression et des recommandations actionnables.

Quelques patterns qu’on a identifiés après plusieurs mois de travail GEO :

  • Les sites avec un vrai contenu expert sont favorisés. Les LLM ne se contentent pas de mots-clés. Ils évaluent la profondeur et la crédibilité.
  • La notoriété de marque compte énormément. Un site connu dans son secteur sera cité plus facilement. La GEO et le branding sont liés.
  • Les résultats mettent du temps à se voir. Pas de “quick wins” ici. C’est un travail de fond sur plusieurs mois.

Si vous voulez qu’on analyse votre présence IA et qu’on identifie vos opportunités, contactez-nous pour un audit.

La GEO n’en est qu’à ses débuts. Les outils de mesure sont encore artisanaux, les KPIs pas totalement stabilisés, et les API des LLM évoluent chaque mois.

Mais c’est justement le bon moment pour commencer.

Les marques qui mettent en place un suivi maintenant – même imparfait – accumulent des données historiques précieuses. Quand les outils matures arriveront, elles auront déjà 12 ou 18 mois de recul. Les autres partiront de zéro.

L’enjeu n’est pas d’avoir un dashboard parfait dès demain. C’est de poser les premières briques : tracker quelques requêtes stratégiques, noter vos premières mentions, comprendre comment les LLM parlent de votre secteur.

Le search évolue. La mesure doit suivre.

Consultant SEO

J’aide les e-commerçants à améliorer leur visibilité grâce à des stratégies SEO durables : audit, contenu et netlinking. Mon objectif est simple : transformer le trafic en résultats concrets pour votre business.

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